Une aventure de ski arctique mémorable sur Le Grand Sentier

Karen McColl demeure à Whitehorse, au Yukon, où elle travaille comme écrivaine et journaliste.

Elle est également une fervente adepte de plein air, et plusieurs de ses périples l’ont amenée sur des tronçons du Grand Sentier. Son expédition la plus exceptionnelle a été une excursion en ski de fond qu’elle a effectuée sur l’île de Baffin en mai 2012 avec un ami.

Après avoir enfilé des vêtements chauds, attaché les skis de fond et empoigné les bâtons, le duo a parcouru 70 kilomètres en ski sur le sentier Itijjagiaq. Il s’agit d’un sentier de découverte de la nature à une seule voie, en grande partie intact, emprunté par les randonneurs au cours des mois de l’été arctique, ainsi que par les motoneigistes et adeptes du traîneau à chiens pendant l’hiver.

Le parcours commence sur les falaises marquées d’une succession de criques et de détroits qui composent la baie Frobisher. Par la suite, il sillonne les paysages vallonnés de la péninsule Meta Incognita. C’est la reine Élizabeth I qui a attribué à la péninsule le nom latin Meta Incognita, soit « les limites inconnues », ce qui semble tout à fait adéquat compte tenu du paysage! Le Sentier passe ensuite par le parc territorial Katannilik et se dirige vers le hameau inuit traditionnel de Kimmirut, à environ 140 km plus loin.

« Cette région est recouverte d’une toundra ondulante et de bocages, s’émerveille-t-elle. Le sentier Itijjagiaq correspond à une voie terrestre traditionnelle des Inuits qui n’est pas souvent empruntée à des fins récréatives. Mais cela m’a presque plu davantage que les autres sentiers, parce la beauté qu’on y observe ne saute pas aux yeux… elle est subtile. Le sentier vous mène à travers canyons et petits lacs, et la beauté se cache derrière chaque tournant. »

Karen et son ami ont même dû skier sur de la glace de mer, une première pour Karen. « Je me sentais extrêmement vulnérable sur la glace, parce qu’il n’y avait aucun endroit où se cacher », se rappelle-t-elle. L’idée d’une rencontre nez à nez avec un ours polaire l’inquiétait quelque peu lors de leur première nuit de camping dans la baie de Frobisher – ce qui est tout à fait normal, à notre avis!

« Heureusement, nous n’en avons vu aucun, s’exclame-t-elle! Mais sur le Sentier, nous avons rencontré plusieurs autres membres de la faune locale. Il y avait des bruants des neiges (un oiseau arctique) partout. »

Karen affirme que rien ne l’inspire davantage que la beauté sauvage du Canada, et que l’exploration du pays sur Le Grand Sentier lui a permis d’apprécier les caractéristiques étonnantes de notre topographie.

« Ce qui est le plus intéressant à propos du Grand Sentier, et plus particulièrement de son tronçon formé du sentier Itijjagiaq, c’est que toutes les sections du Sentier vous permettent de voyager d’une collectivité à l’autre, déclare Karen. C’est une caractéristique tout à fait canadienne que d’avoir autant d’espace entre chaque endroit. »

Pour Karen, les aventures les plus palpitantes se vivent hors des sentiers battus. Elle privilégie les lieux éloignés, mais pas seulement pour le sentiment de liberté que les grands espaces procurent.

« Lorsque j’atteins un endroit que peu ont la chance de visiter, je pense toujours à l’époque où les gens comptaient sur les sentiers et les rivières pour se déplacer, explique-t-elle. C’est incroyable de penser que ces routes sont empruntées depuis des générations. »