Des aigles à tête blanche aux écureuils volants : Les anecdotes d’un bénévole sur le Sentier au Nouveau-Brunswick

Un jour, sur le sentier Dobson, Alonzo Léger a vu deux orignaux luttant bois contre bois pendant la saison des amours. À une distance sécuritaire, il a entendu un fracas et les a regardés se cabrer et se bagarrer. Une autre fois, sur le sentier pédestre de Fundy, il est resté saisi tandis que la marée rejetait sur le rivage une petite tente qui avait été emportée par la mer la nuit précédente. Plus régulièrement, Alonzo voit des buses à queue rousse, des écureuils volants et des quatre-temps rouges, qui abondent dans la région.

Ce ne sont là que quelques-unes des merveilles naturelles de rencontre qui entretiennent le dévouement d’Alonzo à son travail comme président de la Fundy Hiking Trail Association – un groupe de sentier local commanditaire du Conseil des sentiers du Nouveau-Brunswick, qui à son tour surveille les activités liées au sentier Transcanadien dans la province.

« Entre le sentier Dobson et le sentier pédestre de Fundy, il y a 140 000 kilomètres du Grand Sentier. C’est une randonnée d’au moins sept ou huit jours », dit Alonzo, travailleur social à la retraite, et patriarche d’une famille de trois générations de bénévoles du Sentier.

La Fundy Hiking Trail Association s’est employée à améliorer ses sentiers, à couper des branches, à rafraîchir la peinture sur les panneaux, et à lutter contre l’érosion au moyen de roches et de pierres. Le sentier Dobson est ouvert à l’année pour la randonnée, le camping, la raquette et le ski de fond dans l’arrière-pays. Il fait partie de la Forêt acadienne. Le terrain de ce sentier traverse des prés, suit des ruisseaux et passe près de barrages de castor. Les randonneurs entendent le doux bruissement des éoliennes de Kent Hills et admirent le spectaculaire pic Hayward, le deuxième point le plus élevé au Nouveau-Brunswick.

Le sentier Dobson et le sentier pédestre de Fundy abritent les derniers peuplements purs d’épinettes rouges dans l’est de l’Amérique du Nord.

« Le sentier pédestre de Fundy constitue ce que j’appelle une mini-forêt pluviale », dit Alonzo, qui comptait parmi les fondateurs du sentier pédestre de Fundy en 1990. « Un peu plus court que le sentier Dobson, il est plus accidenté et plus humide, particulièrement le long de la baie de Fundy. On y voit toutes sortes d’animaux sauvages, car c’est une voie migratoire. »

La Fundy Hiking Trail Association tend vers le concept de « sentier de villes », où de petites villes, reliées par des sentiers, font activement la promotion l’une de l’autre – le tronçon Riverview-Alma-St. Martin, qui est utilisé le plus souvent pour le vélo et la randonnée, ressemble beaucoup à ce concept. Pourquoi ne pas vanter aux gens l’aire de camping près du barrage de Beaverbrook et leur parler des boîtes pratiques, à l’épreuve des ours, pour ranger les provisions?

« Tout le monde est gagnant quand on fait connaître les avantages des sentiers », dit Alonzo, qui a récemment atteint son but d’attirer des jeunes bénévoles parmi les 50 membres de l’association. « Nous avons vu une augmentation des excursions pédestres, ainsi que du nombre de femmes sur les sentiers, surtout depuis que la ville de Riverview a lancé son enseignement en plein air, destiné aux femmes, pour former des randonneuses. »

Si elle appuie le concept de sentier de villes, la Fundy Hiking Trail Association s’efforce aussi de ramener le sentier à l’essentiel.

« Nous enlevons les vieux ponts ou autres structures érodés ou corrodés, et retirons tout élément fabriqué par l’humain, pour que l’expérience du Sentier soit davantage encore une expérience de la nature. »

Alors que le Nouveau-Brunswick se rapproche de son objectif de rendre continu le segment provincial du Grand Sentier d’ici 2017, des travaux sont toujours en cours sur trois tronçons du Sentier. Le Conseil des sentiers du Nouveau-Brunswick s’affaire au débroussaillage, au déblayage, au compactage et au surfaçage sur un tronçon du Sentier de 22 kilomètres entre le village de Port Elgin et le cap Tormentine.

« Nous devons aussi travailler à relier la ville de Grand-Sault au Sentier – la piste existante de 800 mètres doit être rehaussée jusqu’à la route 144, explique Poul Jorgensen, le directeur général de l’association. Elle est dans une vallée profonde, il faut donc installer deux gros ponceaux, ce qui fera de ce tronçon du Sentier le plus coûteux à aménager dans la province. Mais il portera notre taux de raccordement à 99,9 %. »

Que représente le dernier 0,1 %? Il s’agit d’un pont piétonnier de 12 mètres sur 2 mètres menant au cap Jourimain, suivi de 23 mètres de sentier pédestre.

« Tout compte fait, la construction devrait coûter autour de 60 000 $ », dit Jorgensen qui, si on l’y incite, raconte qu’une fois, un aigle à tête blanche a volé devant son camion pendant quelques kilomètres sur la route longeant la rivière Saint-Jean. « C’était incroyable. Le genre de choses qui n’arrive qu’autour des sentiers. »

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