Mon aventure canadienne sur le sentier Transcanadien : Destination le Yukon!

« Selon l’heure, les monts Ogilvie sont roses, crème, beiges et même bleus », se souvient Annika Wichter lorsqu’elle découvrait à vélo le panorama dans lequel se trouve le sentier Transcanadien au Yukon. « C’est à couper le souffle, car à bicyclette on a vraiment le temps d’apprécier les couleurs. »

Annika et Robert Gallegos, son fiancé, avaient entamé leur tour du monde à vélo depuis quatre ans quand ils ont emprunté, en juillet 2015, la route Dempster qui fait partie du sentier Transcanadien. En effectuant ce tour du monde, Annika et Robert souhaitent favoriser la compréhension interculturelle et raconter leurs aventures dans leur blogue intitulé Tasting Travels (en anglais).

 

« Nous adorons les livres de Jack London, si bien que nous avons été emballés à l’idée de découvrir le Yukon », a déclaré Roberto, un Mexicain de 32 ans qui a fermé son studio de création de Guadalajara pour effectuer ce voyage à bicyclette.

Annika, elle, a grandi près de Hambourg, en Allemagne. Étant jeune, elle passait ses journées à lire le fameux aventurier Loesch Schimanek qui a écrit des livres sur le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest devenus des classiques en Europe.

« J’étais accrochée, si bien que j’ai lu tout ce que je pouvais trouver sur Dawson, sur les cocktails Sourtoe (en anglais), sur le lavage de l’or à la batée (en anglais), sur tout », a ajouté Annika, une jeune femme de 29 ans qui venait de terminer des études sur les cultures et la condition féminine lorsqu’elle a rencontré Roberto.

Le sentier Transcanadien au pays du soleil de minuit

D’après Roberto, devenu un fervent admirateur du parc national Tombstone, « c’est impressionnant de pouvoir rouler jusqu’à une heure du matin, si on le souhaite, puisque le soleil ne se couche pas. Ça donne du temps et de l’énergie. On peut donc faire de longues pauses sans se soucier de la nuit. »

Pour Annika et Roberto, le sentier Transcanadien a joué un rôle de premier plan dans leur périple au Yukon.

« C’est impossible de se perdre et puis le sentier est si bien entretenu que nous n’avions pas l’impression d’être au bout du monde », a constaté Roberto.

Faites passer le beurre d’arachide

En plus de découvrir la faune et la flore locales — la taïga, la toundra, l’épilobe rose, l’épinette noire, l’orignal, le porc-épic, l’aigle à tête blanche et la belette —, ils ont rencontré de sympathiques cyclistes, de gentils campeurs et des gens du cru fort chaleureux.

« Les habitants du Yukon se sont montés très accueillants et ils voulaient tout savoir sur nos projets de randonnée à vélo », a déclaré Roberto. « À Dawson, une femme nous a invités à prendre le petit-déjeuner et deux filles nous ont hébergés. »

Annika a été impressionnée par l’esprit de camaraderie des personnes croisées sur le Sentier : « Nous avons rencontré Martine, de Québec, qui nous a accompagnés pendant plusieurs jours, et Emily, de l’Alberta, une ornithologue amatrice qui remontait la route Dempster dans un vieux Volkwagen Scirocco. Par la suite, nous avons croisé Justin, le shérif, et Laura, la pompière, qui, eux, voyageaient à moto. En mangeant autour d’un feu en bonne compagnie, nous avons passé d’agréables soirées dans notre abri. Nous nous sommes partagés des biscuits avec du beurre d’arachide. »

Les rencontres qu’il a faites ont permis à Roberto d’en arriver à la conclusion suivante :

« Les Canadiens ont tendance à se voir avec ironie comme des gens très chaleureux qui s’excusent trop souvent. Eh bien, c’est vrai! Je trouve qu’ils ont de l’empathie et s’efforcent toujours d’aider les autres. »