L’espoir et la guérison sur Le Grand Sentier

La recherche de la paix intérieure l’a amené à traverser – deux fois – la Colombie-Britannique.

Trevor Hodgson est un cycliste passionné qui est originaire de Kelowna dans la région Okanagan en Colombie-Britannique et il souffre du trouble bipolaire. Également connu sous le vocable de psychose maniacodépressive, le trouble bipolaire est une maladie mentale qui se manifeste par de forts changements d’humeur marqués par l’exaltation et la dépression.

En proie à une mélancolie particulièrement prononcée en 2014, Trevor faisait face à un épisode de dépression accompagnée de pensées suicidaires; il trouva un but qui lui fit reprendre espoir, à savoir traverser à vélo sa province natale, la Colombie-Britannique, en suivant Le Grand Sentier.
« Je ne peux pas dire que le Sentier m’a sauvé la vie, mais il m’a donné une raison de vivre, déclare Trevor. Maintenant, faire du vélo sur le Sentier est l’occasion pour moi de rester en forme, de contrôler mon poids et de combattre la dépression. »

Trevor voyage seul, sur un vélo de montagne à suspension intégrale avec une remorque à une roue qui contient son matériel de camping, son GPS, son téléphone intelligent, des réserves d’eau et entre 50 et 60 kg de nourriture qui lui assurent l’autonomie pendant des périples de 3 à 7 jours. « L’eau est le plus important, et à plusieurs reprises, ma réserve était sur le point de s’épuiser », précise-t-il.

Son plus gros problème? La nourriture. « Pour pouvoir couvrir de grandes distances dans des régions reculées, vous devez être sûr d’avoir suffisamment de nourriture; mais prévoir la quantité à emporter est en quelque sorte une devinette, dit-il. Pédaler huit heures ou plus par jour en tirant une remorque brûle beaucoup de calories et creuse l’appétit. »

Outre le fait de bien s’alimenter et bien s’hydrater, le temps peut être un gros obstacle. Lors de son dernier périple, Trevor a dû surmonter plusieurs fois des excès de chaleur. Lorsque ce n’était pas la chaleur, c’était le silence. « Le silence me dérange, dit Trevor. Cela me prend un certain temps pour m’adapter au silence de la nature sauvage. »

Pour Trevor, la récompense de tous ses efforts est la beauté des paysages sauvages dans lesquels il se trouve plongé. « Des montagnes, des lacs et des rivières d’une beauté spectaculaire et une côte fabuleuse, souligne-t-il. Oh, est-ce que j’ai mentionné les montagnes? »

Le droit d’être fier

Au cours des huit dernières années et après cinq « aventures en vélo de montagne dans l’arrière-pays », comme il le dit lui-même, Trevor a parcouru deux fois le Sentier en Colombie-Britannique et accumulé près de 9 000 kilomètres. Ses périples les plus mémorables sont les trois cols de montagne en Colombie-Britannique : Le col Pale Face (le sentier de la vallée Chilliwack et le sentier du ruisseau Silverhope), le col Grey Creek (de Balfour à Kimberley) et le col Elk (d’Elkford au col Elk), des sentiers qui ne sont pas faits pour les cœurs fragiles. « Des paysages spectaculaires qui récompensent les efforts physiques », rapporte Trevor au sujet des expériences qu’il a vécues dans ces cols de montagne. « Passer l’un de ces cols dans quelque direction que ce soit est un accomplissement dont on peut être fier, et je les ai passés tous les trois dans les deux directions. »

Souvenirs et sentiers qu’il faut voir

De tous les bons souvenirs qu’il a gardés de ses aventures de cycliste en Colombie-Britannique au fil des années, certains sont plus marquants que d’autres. « Trois chevaux ont galopé à mes côtés alors que je passais devant leur terrain; deux fois, j’ai rencontré des chevaux sauvages sur le sentier du col Grey Creek et près de Penticton dans l’Okanagan. » Son tronçon préféré en Colombie-Britannique? « Du canyon Myra à Penticton et le sentier ferroviaire de la vallée Kettle, et ce n’est pas seulement parce que j’habite dans la région Okanagan! », précise Trevor. « C’est un trajet facile d’une journée en descendant une colline en pente douce et l’on passe sur les ponts sur chevalets du canyon Myra. Vous pouvez y admirer de magnifiques lacs de montagne, des fours historiques taillés dans la roche, des vignobles et des vues spectaculaires de la vallée de l’Okanagan. »

L’avenir

Pour ses prochaines aventures, Trevor planifie de traverser à vélo le Sentier jusqu’à Inuvik, aller et retour. Trevor entamera son périple vers le Nord au canyon Myra; il traversera la Colombie-Britannique, l’Alberta, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest jusqu’à Inuvik, sur le Sentier. Ensuite, il a l’intention de faire à vélo le Sentier dans son intégralité, d’Ouest en Est.

« Faire à vélo Le Grand Sentier est un de mes plus grands plaisirs, dit-il. À cause de mon trouble bipolaire, je suis un solitaire et c’est difficile pour moi d’établir des liens avec les autres; mais quand je suis sur le Sentier, je sens un lien avec ce pays, cela m’épanouit et m’emplit d’une certaine énergie vitale positive. »

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