Entrevue avec un partenaire officiel du STC (N.-É.) : Vanda Jackson, directrice générale, Nova Scotia Trails Federation

STC : Une grande partie du travail que nous faisons avec le STC est de collaborer avec des partenaires locaux pour mener à bien le raccordement du STC à l’échelle pancanadienne pour 2017, qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Concrètement, comment cet aspect s’inscrit-il dans votre travail?

VJ : Ici, en Nouvelle-Écosse, nos partenaires locaux travaillent avec diligence pour que le sentier Transcanadien en Nouvelle-Écosse soit entièrement raccordé pour 2017. Nous travaillons avec des milliers de bénévoles et d’organismes, avec les trois ordres de gouvernement et avec des communautés des Premières Nations à l’aménagement de la section néo-écossaise de la phase 1 du STC. Nos sentiers sont actuellement raccordés à 38 %; c’est pourquoi il existe un réel sentiment d’urgence, ici en Nouvelle-Écosse. Nous sommes impatients d’atteindre un raccordement de 100 %, et nous exhortons tous les Néo-Écossais de nous aider, nous et nos partenaires dans l’ensemble de la province, à atteindre cet objectif.

Vanda Jackson, directrice générale, Nova Scotia Trails Federation avec
Valerie Pringle, co-présidente de la Fondation du sentier Transcanadien

STC : Quelle est l’utilisation la plus courante du STC en Nouvelle-Écosse? 

VJ : Le sentier Transcanadien en Nouvelle-Écosse est très diversifié. On y trouve différents types de sentiers, allant des voies ferrées abandonnées aux sentiers navigables, en passant par les sentiers pédestres. Les usagers du sentier Transcanadien dans cette province comptent autant de marcheurs, randonneurs, raquetteurs, skieurs de fond, cyclistes, cavaliers motoneigistes et adeptes de VTT. Notre province a de quoi plaire à chacun, et comme nous sommes entourés par l’océan, des tronçons importants du Sentier, comme le sentier côtier Celtic Shores, les sentiers Salt Marsh et Atlantic View peuvent se targuer d’offrir des paysages côtiers spectaculaires.

STC : Parlez-nous un peu de l’histoire du STC en Nouvelle-Écosse.

VJ : La Nova Scotia Trails Federation (NS Trails) est le partenaire provincial du STC en Nouvelle-Écosse depuis sa création. L’idée du STC a été lancée lors d’une conférence nationale sur les sentiers, qui s’est tenue à l’Université Trent au début des années 1990. Des bénévoles et des représentants du gouvernement provincial de Nouvelle-Écosse présents à la conférence ont ranimé l’idée, et la Nova Scotia Trails Federation a accepté de s’en charger. Un comité a été formé pour travailler au projet avec à sa barre un bénévole de longue date du sentier, Stan Slack. Quelques années plus tard, Vera Stone, enseignante à la retraite, a assumé la présidence et a commencé à parcourir la province pour obtenir du soutien et trouver des bénévoles; c’était dans les premières années du projet. La plupart des sentiers communautaires de la province étant construits et gérés par des bénévoles, c’est dire la capacité bénévole sur laquelle il a fallu compter pour construire et gérer les sections du STC en Nouvelle-Écosse et grâce à laquelle le projet est devenu ce qu’il est aujourd’hui. Le soutien des gouvernements provincial et fédéral, tout comme celui des municipalités, des sociétés, de propriétaires fonciers et des donateurs a également été déterminant dans l’aménagement du STC de cette province.

STC : Quels sont les principaux défis à relever dans l’aménagement de sentiers en Nouvelle-Écosse?

VJ : La mobilisation de bénévoles et l’obtention de droits de passage du sentier à travers les terres ont été les deux plus grands obstacles que nous avons eu à surmonter. Les sentiers de la Nouvelle-Écosse sont, pour la plupart, construits selon un modèle de développement communautaire. Ce qui veut dire que c’est la communauté qui décide de construire un sentier et qui assume la responsabilité de l’aménagement, de l’entretien et de la gestion de ce sentier. Nous soutenons depuis longtemps que l’engagement des communautés ainsi que leur appropriation des sentiers contribuent à rendre les sentiers de notre province plus viables à long terme. Dans certaines provinces, le parcours du STC est aménagé sur une ancienne ligne de chemin de fer abandonnée. Il est vrai que certains tronçons du STC en Nouvelle-Écosse sont aménagés sur l’ancienne ligne de chemin de fer, mais nous n’avons pu nous offrir le luxe d’un sentier entièrement aménagé sur une voie ferrée. Nos bénévoles ont donc dû rencontrer les propriétaires fonciers et négocier les droits de passage du Sentier; c’est aussi la raison pour laquelle nos types de sentiers – et l’utilisation qui en est faite – sont aussi variés. Je dois dire qu’à l’île du Cap-Breton, cela posait un défi particulier, et c’est alors que avons pensé au lac Bras-d’Or et à la possibilité d’aménager une route navigable aussi spectaculaire que culturellement lourde de sens le long de ce lieu désigné à la fois site du patrimoine mondial et réserve de la biosphère par l’UNESCO. Une fois terminée, la route navigable du lac Bras d’Or sera la destination de choix pour les amateurs de pagaie qui pourront naviguer au-delà de 300 kilomètres jonchés d’histoire, de culture et de beauté naturelle.

STC : Quels défis l’entretien des sentiers présente t il?

VJ : En raison de notre modèle de développement communautaire, les bénévoles sont responsables de l’entretien et de la gestion de leurs sentiers. Cela signifie que nos groupes de sentiers communautaires doivent recueillir les fonds dont ils ont besoin non seulement pour construire leur sentier, mais pour l’entretenir de façon à ce que les Néo-Écossais et les visiteurs puissent en profiter. Dans cette province, ce n’est pas facile d’obtenir de l’argent pour des travaux d’entretien; pour nos groupes de bénévoles, cela peut représenter un défi en soi.

Il arrive aussi que la météo nous en fasse voir de toutes les couleurs! Depuis quelques années, il semble que nous connaissons davantage de phénomènes météorologiques violents qui, au fil des ans, ont causé des dommages à certains tronçons côtiers du STC en Nouvelle-Écosse. Heureusement, nos bénévoles ont du dévouement à revendre et ils ne se sont pas laissé abattre par les dommages liés aux intempéries.

À mesure que nous allons de l’avant, notre défi sera de recruter des jeunes dans nos organisations. Nos bénévoles ne rajeunissent pas, et les sentiers de la province ne peuvent s’entretenir tout seuls. Nous devons obtenir la participation des jeunes et leur offrir toute la formation et les compétences nécessaires pour nous assurer que nos communautés pourront continuer à profiter des sentiers exceptionnels que nos bénévoles ont mis tant d’efforts à construire. En tant que mouvement, les sentiers ont beaucoup à offrir à la jeune génération, entre autres, la possibilité d’acquérir une précieuse expérience du bénévolat, la gratification personnelle de contribuer à la santé et au mieux-être de leur communauté, sans oublier l’occasion de se rapprocher de la nature et de personnes animées des mêmes valeurs qu’eux et former des amitiés et des souvenirs durables.

STC : Parlez-nous des autres partenaires, individus ou organismes qui investissent des efforts essentiels dans le raccordement du Sentier en Nouvelle-Écosse.

VJ : Le nombre de partenaires extraordinaires sur lesquels nous pouvons compter est si grand qu’il serait difficile de n’en nommer que quelques-uns. Sans nos milliers de bénévoles, sans le soutien des trois ordres de gouvernement, des organismes communautaires, des donateurs – qu’il s’agisse de particuliers ou d’entreprises – et des propriétaires fonciers pendant plus de vingt ans, ce rêve ne serait pas sur le point de se transformer en réalité, ici en Nouvelle-Écosse. Il nous reste encore beaucoup à faire d’ici 2017, et nous continuons à inviter de nouveaux partenaires à se joindre à nous pour cette dernière étape du voyage. Nous nous réjouissons à l’idée de célébrer le raccordement intégral du Sentier avec tous nos partenaires en 2017.

STC : Quelle est la partie la plus agréable de votre travail?

VJ : Le plus beau côté de mon travail en tant que directrice générale de NS Trails, c’est de travailler avec les milliers de bénévoles communautaires dévoués et passionnés par les sentiers et les possibilités récréatives qu’ils procurent à leurs communautés respectives. Nos bénévoles ont vraiment les intérêts de leur communauté à cœur; ils travaillent avec diligence non seulement pour le raccordement du STC de la Nouvelle-Écosse en 2017, mais pour améliorer la santé et le mieux-être économique des résidents de leur communauté. Il est toujours très gratifiant de voir nos bénévoles atteindre leurs objectifs personnels, ceux de leur groupe et de leur communauté. Travailler avec les groupes de bénévoles engagés dans le raccordement du Sentier en Nouvelle-Écosse apporte une satisfaction supplémentaire : celle de contribuer à un grandiose projet patrimonial national qui est de relier les Canadiens et notre pays d’un océan aux deux autres. Peut-il y avoir plus belle récompense?