Entrevue avec un partenaire du STC – Al MacPherson, président du sentier Transcanadien en Ontario

Q : Une grande partie du travail que nous faisons au sein du sentier Transcanadien (STC) est de collaborer avec des partenaires locaux pour mener à bien le raccordement de tous les tronçons du Grand Sentier à l’échelle pancanadienne pour 2017, année qui marquera le 150eanniversaire de la Confédération canadienne. Concrètement, comment cet aspect s’inscrit-il dans votre travail?

R : Le sentier Transcanadien en Ontario (STCO) travaille avec plus de 75 groupes du Sentier locaux dans toute la province. Nous collaborons avec eux pour mener les projets liés au Sentier de l’idée à sa concrétisation. Cela suppose d’aider les groupes du Sentier à dresser des plans de projet pour de nouvelles pistes ou des pistes existantes, à revoir l’établissement des coûts et à rédiger des demandes de financement. Nous leur prêtons également assistance dans la commande de panneaux de signalisation et le suivi essentiel pour vérifier que les panneaux ont été installés. Nous voyons aussi à ce que les fonds soient dépensés judicieusement et que des rapports soient produits. Le STCO travaille avec le gouvernement provincial et les administrations municipales pour obtenir des approbations et demander du financement… Nous faisons tout cela.

Q : Quelle est l’utilisation la plus courante du Sentier dans le nord de l’Ontario? Dans le sud de l’Ontario?

R : Les principaux facteurs déterminant l’utilisation du Sentier en Ontario sont géographiques et démographiques. Le nord de l’Ontario présente un environnement naturel, étonnamment sauvage et magnifique – des rochers, de l’eau et des arbres – mais une faible population. Le Nord est composé à 85 % de terres publiques. Les moyens de transport traditionnels étaient le canoë et le kayak; ainsi, les résidents et les visiteurs utilisent principalement les voies navigables, de plus de 1 900 kilomètres, désignées comme appartenant au sentier Transcanadien. Au contraire, le sud de l’Ontario compte une population d’environ 12 millions de personnes, et 13 % de terres appartenant à l’État, ce qui produit un mélange de paysages naturels et sauvages et de milieux urbains et culturels. Le STCO coopère avec de multiples intervenants distincts (municipalités, parcs, offices de protection de la nature, organismes sans but lucratif, etc.) à rattacher toutes les pistes dans l’itinéraire continu du sentier Transcanadien. Le Sentier est beaucoup utilisé par les résidents et constitue une attraction touristique majeure, puisqu’il traverse de grandes zones urbaines et les relie. Les activités les plus populaires sont la marche, le vélo et les randonnées pédestres et à cheval.

Q : Parlez-nous un peu de l’histoire du Sentier en Ontario.

R : Quand le projet du Sentier a été lancé en 1992, l’Ontario s’est engagé dans la planification afin de contribuer à cette vision. Depuis, la province participe activement à l’exécution. L’Ontario Trails Council a dirigé l’aménagement du Sentier jusqu’en 2001 environ; à ce moment, le STC a décidé d’engager deux employés de l’Ontario pour prendre la relève dans la province. En 2003, est créé un organisme sans but lucratif, le sentier Transcanadien en Ontario. Les deux employés ontariens du STC deviennent employés du STCO nouvellement créé, un conseil d’administration est constitué, qui recrute des personnes pour administrer l’organisme et travailler avec les partenaires des sentiers locaux pour développer le Sentier. Cinq conseillers à temps partiel rendent possible le raccordement de tous les tronçons du Sentier en Ontario.

Q : Quel est votre section favorite du Grand Sentier en Ontario et pourquoi?

R : Le tronçon Kawartha du Grand Sentier, de 53 kilomètres, qui passe par la ville de Kawartha Lakes. Il se déroule dans trois types de paysages – urbains, ruraux (terres agricoles) et naturels; il comprend un surprenant pont sur chevalets, qui enjambe la vallée Buttermilk. Il offre des vues fantastiques, particulièrement pendant l’automne, avec ses arbres merveilleusement colorés. De nombreux points d’accès, que l’on atteint facilement en voiture, jalonnent le Sentier. Le Sentier lui-même est relativement plat, accessible aux personnes handicapées, doté d’une bonne signalisation et bien entretenu. De plus, il est relié au Sentier du comté de Durham, qui longe pendant plusieurs kilomètres un grand marécage, puis se dirige, à l’est, vers la ville et la région rurale de Peterborough, avec ses drumlins, ses kames et la voie navigable Trent Severn. C’est une région du sud de l’Ontario tout simplement splendide.

Q : Quels sont les principaux défis à relever dans l’aménagement de sentiers en Ontario?

R : Soutenir la motivation et l’engagement de nos partenaires des sentiers locaux; donner la priorité au développement du Sentier – pour plusieurs, c’est seulement un projet parmi tous les autres qu’ils doivent réaliser; poursuivre l’objectif du raccordement, même s’il y aurait bien d’autres choses qu’on devrait ou pourrait faire pour améliorer le Sentier; reconnaître que les besoins par rapport au Sentier dans le nord de l’Ontario sont différents de ceux dans le sud, en raison des caractéristiques démographiques et géographiques; essayer de raccorder les tronçons sur plus de 5 000 kilomètres quand on dispose d’un personnel limité.

Q : Quels défis l’entretien des sentiers présente-t-il?

R : Tous les sentiers en Ontario appartiennent au partenaire du Sentier local, qui les gère. Le STC et le STCO ne possèdent ni ne gèrent aucun tronçon du Sentier. Par conséquent, notre travail consiste à convaincre les partenaires des sentiers locaux d’intégrer leur sentier existant ou nouvellement créé dans la « colonne vertébrale » ou itinéraire principal de notre Sentier. L’entretien incombe au partenaire local – dans certains cas, comme les voies navigables, l’entretien est moindre, mais nécessaire pour les portages et campements dans les endroits éloignés; il sera effectué par des collaborateurs locaux (bénévoles). D’autres sentiers, comme les voies vertes, en raison de leur popularité, exigent un entretien systématique régulier. Un défi important réside dans l’obtention des fonds nécessaires pour aider le gestionnaire local à garder sa part du Grand Sentier continue, sécuritaire et opérationnelle.

Q : Quelle est la partie la plus agréable de votre travail?

R : Prendre conscience que les efforts quotidiens du STCO laissent un héritage aux générations futures. Nous accomplissons une mission que la plupart des gens considèrent comme impossible en Ontario, en raison des coûts, de la grande superficie de la province et des différences marquées qui la caractérisent. Le défi que cette mission représente me pousse à continuer mon travail. Je crois en la vision du Sentier. Je suis fier d’être Canadien et, grâce au Grand Sentier, je contribue à unir tous les habitants du Canada.