Entrevue avec un partenaire officiel yukonnais du STC: Rencontre avec Mark Daniels

En tant que président de la Klondike Snowmobile Association (KSA) – partenaire officiel du sentier Transcanadien (STC) au Yukon – Mark Daniels est bien placé pour discuter du Sentier dans cette région. Aidé par des bénévoles, il travaille à entretenir 600 kilomètres de pistes (dont près de 200 kilomètres du STC) tout au long de l’année.

Nous nous sommes entretenus avec lui pour discuter du STC, de l’histoire du Yukon et du vélo sous le soleil de minuit.

STC : Une grande partie de notre mandat est de s’assurer que les 19 000 kilomètres de notre réseau de sentiers national soient connectés d’ici 2017, soit à temps pour le 150e anniversaire de la Confédération. Après Terre-Neuve-et-Labrador et l’Île-du-Prince-Édouard, le Yukon est le troisième parmi les territoires et provinces du pays à avoir rempli son mandat. Comment se sent-on après une telle réussite?

M. D. : Eh bien, c’est une étape importante de franchie, ce qui donne tout un sentiment d’accomplissement. Nous avons procédé section par section. Notre partenariat avec le STC nous a apporté beaucoup puisqu’il a permis d’élargir notre portée et notre visibilité en tant que gardiens de réseau de sentiers polyvalents. Ça a également fait en sorte d’élever le statut des pistes récréatives dans la région.

Q : Au Yukon, qui utilise généralement le STC?

Oh, il y a de tout : du vélo de montagne, du cyclisme d’hiver, des VTT, des skieurs, des mushers (conducteurs d’attelages de chiens), des raquetteurs, des promeneurs de chien… Durant l’hiver, soit de novembre à avril, les véhicules à roues sont interdits [les motoneiges sont permises puisqu’elles n’en ont pas]. Nous travaillons souvent en partenariat avec le club de ski de fond : nous séparons les sentiers en deux afin de les partager. Nous avons un bon esprit de collaboration.

Q : Parlez-nous de l’histoire du Sentier au Yukon.

La Copper Haul Road est la principale artère du STC dans le secteur de Whitehorse. Lorsqu’elle a été construite en 1909, c’était initialement un embranchement entre deux lignes de chemin de fer, la White Pass et la Yukon Route, qui menait aux mines de cuivre. Ces gisements avaient été découverts en 1897 par des prospecteurs, de passage pour la ruée vers l’or du Klondike. Lorsque le chemin de fer a été abandonné, l’ancienne voie a été convertie en route industrielle en gravier pour maintenir l’accès aux sites miniers restants. À la fermeture de la dernière mine, la route a été recyclée; cette fois, elle est devenue un sentier récréatif à usages multiples.

L’autre tronçon principal du Sentier dans la région, la Dawson Overland Trail, était anciennement utilisé comme voie postale l’hiver lorsque la rivière était gelée – ce qui empêchait les embarcations de la traverser pour approvisionner la ville de Dawson durant la ruée vers l’or.

Q : Quel tronçon du Sentier préférez-vous sur le territoire?

Je dirais la Copper Haul Road, qui est très accessible puisqu’elle est en ville. C’est là que j’ai appris à mes enfants comment skier. Beaucoup de gens l’utilisent. C’est l’artère principale du réseau de sentiers dans ce secteur. On peut sortir de la maison, prendre une piste secondaire puis l’emprunter pour se rendre jusqu’au centre-ville. Ce qu’on aime le plus avec les sentiers l’été, c’est de pouvoir se promener à vélo ou en canot à une heure du matin : avec le soleil de minuit, il ne fait jamais vraiment noir. En été, on ne dort pas beaucoup!

Q : En quoi consiste l’entretien des sentiers?

En poussant, les saules et les aulnes (arbres et arbustes de la famille du bouleau) envahissent les sentiers. Il faut donc se promener en VTT et les tailler avec une tronçonneuse. Aussi, nous enlevons les arbres morts et les débris qui tombent sur la voie dans les endroits boisés. Les terres basses et humides doivent également être surveillées. Généralement, nous engageons un entrepreneur ou nous travaillons avec la ville ou le gouvernement du territoire pour remplir les trous. Quand nous raccordons des sentiers, il faut parfois élargir la piste ou aménager des traverses pour les cours d’eau.

L’hiver, nous utilisons des motoneiges pour tasser la neige sur les sentiers. Mes enfants m’ont déjà aidé à nettoyer des pistes, mais la majorité de l’entretien est effectué par un retraité bénévole, Harris Cox, qui fait de 6 à 12 heures par sortie.

Q : Quels sont les défis à relever pour cet entretien?

Nous installons des panneaux avec des informations directionnelles et culturelles, mais ils disparaissent souvent; il y a donc ça. Sinon, notre principal défi, c’est le manque de financement de base. Nous devons demander des subventions de façon ponctuelle, selon les projets. Notre entente de services avec le STC aide beaucoup.

Q : Qu’est-ce qui vous rend le plus enthousiaste?

Il y a toujours une fête ou quelque chose qui se passe. Par exemple, le festival Sourdough Rendezvous arrive à grands pas. (http://www.yukonrendezvous.com/) Il y aura des danseurs de cancan et des gens costumés comme au temps de la ruée vers l’or. Aussi, il y aura des compétitions amicales, comme le lancer de la hache, celui de la tronçonneuse ou encore une course où il faut transporter un sac de farine sur son dos. Il y aura même une descente en canot sur une montagne de neige – course commanditée par le STC! J’ai hâte de voir ça.