5 sites patrimoniaux canadiens à visiter pendant le Mois de l’histoire des Noirs

Célébré dans tout le Canada, le Mois de l’histoire des Noirs nous rappelle l’importante influence que les descendants du peuple africain ont eue – et ont toujours – sur le tissu social et culturel de notre société. Ce précieux héritage a laissé ses traces dans nos communautés, nos villes et nos sentiers.

Entre les trajets des esclaves affranchis qui marchaient vers leur liberté, et les écoles et communautés qui les ont accueillis en hommes libres, nous vous présentons cinq lieux clés du Grand Sentier qui mettent en relief l’importance de l’histoire des Noirs au Canada.

 

St. Catharines, Ontario

 

Photo: City of St. Catharines

Étroitement liée au Chemin de fer clandestin – mouvement de résistance anti-esclavagiste ayant facilité la fuite d’esclaves américains vers le Canada –, Harriet Tubman fut une véritable héroïne dans l’histoire des Noirs. Après s’être elle-même affranchie de l’esclavage en s’enfuyant du Maryland pour se réfugier au Canada, elle aida des centaines d’esclaves à gagner l’Ontario. Celle qu’on surnommait affectueusement «la Moïse noire» avait la réputation de ne jamais «perdre un passager» et de s’assurer que tous les fugitifs voyageant avec elle arrivent sains et saufs à St. Catharines, dernier arrêt du Chemin de fer clandestin.

Le souvenir d’Harriet Tubman est toujours bien vivant à St. Catharines, où elle vécut 10 ans et dont elle fréquenta la chapelle locale, la chapelle Salem, qui existe encore aujourd’hui.

Suivez le Sentier: Laura Secord Legacy Trail

 

Site historique de la Case de l’oncle Tom, Chatham-Kent, Ontario

 

Photo: Site historique de la Case de l’oncle Tom, Chatham-Kent, Ontario

On dit de ce site important qu’il a inspiré le roman La case de l’oncle Tom, d’Harriet Beecher Stowe. Aujourd’hui, ce lieu commémore les efforts du révérend Josiah Henson, un ancien esclave qui a joué un rôle prépondérant dans l’histoire des Noirs au Canada. Après s’être échappé de l’esclavage aux États-Unis en empruntant le Chemin de fer clandestin, Henson aida des centaines d’esclaves à se construire une nouvelle vie pour repartir à zéro, libres cette fois. Pour ce faire, il mis sur pied un village d’un peu plus de 80 hectares en Ontario, à Chatham-Kent. Henson devint plus tard une figure de proue de la communauté noire canadienne, s’employant à faire avancer la cause de l’alphabétisation et de l’éducation.

«L’histoire de Josiah Henson constitue un point d’ancrage qui permet au visiteur de prendre toute la mesure de l’horreur de l’esclavage et qui nous permet aussi d’explorer le rôle de l’Ontario dans l’affranchissement des esclaves américains, explique Steven Cook, chef du site de la Case de l’oncle Tom. C’est ici qu’Henson a accompli la partie la plus importante de son œuvre en cofondant une école pour ceux qui avaient fui l’esclavage, un endroit où ils ont pu acquérir de nouvelles connaissances et s’épanouir dans la liberté qu’ils avaient durement gagnée.»

Suivez le Sentier: Chatham-Kent Trans Canada Trail

 

Site historique national de Buxton, Chatham-Kent, Ontario

 

Photo: Site historique national de Buxton

D’une importance indubitable dans l’histoire noire nord-américaine, le site historique national et musée de Buxton se trouve lui aussi à proximité de la section Chatham-Kent du Grand Sentier. Le musée rend hommage au Elgin Settlement, le village de réfugiés noirs le plus vaste et le plus prospère de l’Ontario. C’est au révérend William King, un ancien propriétaire d’esclave devenu abolitionniste qui fit l’acquisition d’une terre de 3 642 hectares en Ontario pour offrir un refuge aux esclaves fugitifs, qu’on doit ce village.

Comprenant de nombreux artéfacts originaux conservés depuis l’époque où le village était en activité – dont une cabane en bois rond datant de 1850 et une école datant de 1861, le musée témoigne abondamment de l’atmosphère abolitionniste qui régnait sur Chatham-Kent.

Suivez le Sentier: Chatham-Kent Trans Canada Trail

 

Halifax, Nouvelle-Écosse

 

Photo: Fred (via Flickr)

La capitale de la Nouvelle-Écosse est elle aussi riche un important témoin de l’histoire des Noirs. En effet, on estime à 3 000 le nombre d’anciens esclaves accueillis dans la province, lesquels prirent ensuite les armes pour les Anglais après la guerre d’Indépendance américaine. Plusieurs d’entre eux ont grandement contribué au patrimoine de la province, y compris William Hall; officier noir de la marine, Hall fut le premier Néo-Écossais, le premier marin canadien, et la première personne noire à recevoir la Croix de Victoria pour sa bravoure.

Toutefois, la lutte que cette communauté dut livrer pour être accueillie et respectée a présenté sa part de difficultés. Dans les années 1960, la petite communauté noire d’Africville fut démolie, et ses habitants durent être relogés dans des projets d’habitations publiques – conséquence de projets gouvernementaux de redéveloppement du territoire à des fins commerciales et industrielles. En 2010, le conseil municipal d’Halifax présenta ses excuses officielles aux résidents d’Africville, puis offrit son aide pour établir un musée et élever une réplique de l’église telle que l’avaient jadis connue les villageois.

Le Musée Africville d’Halifax raconte l’histoire de cette communauté et son incroyable résilience.

Suivez le Sentier: de Dartmouth à Halifax, Halifax Waterfront Boardwalk

 

St. Lawrence Hall, Toronto, Ontario

 

Bien que Toronto n’ait pas été reliée au Chemin de fer clandestin de façon aussi évidente que le furent St. Catharines ou Chatham-Kent, la ville a bel et bien un lien évident avec l’histoire des Noirs au Canada.

C’est au St. Lawrence Hall de Toronto qu’eut lieu, en septembre 1851, la «North American Convention of Colored Freemen». Les leaders canadiens, américains et britanniques du mouvement abolitionniste s’y sont réunis pour discuter de la façon de mettre un terme à l’esclavage, et ce rassemblement fut significatif en ce qu’il permit à des activistes anti-esclavagisme de se réunir publiquement sans avoir à craindre de violentes représailles au Sud de la frontière.

Par cet événement, le Canada fut par ailleurs déclaré comme meilleure destination pour les réfugiés de l’esclavagisme noir. Une plaque de Parcs Canada commémore aujourd’hui cette rencontre historique.

Suivez le Sentier: Toronto Waterfront Trail