Edmundston à Rivière-du-Loup

Par Julie Chatelain et Simon Lacroix

Nous avons loué une voiture pour nous rendre (d’Ottawa) à Edmundston. C‘était à peu près le même prix que deux billets d’autobus, et ça nous a permis de déposer trois caches de nourriture en chemin. Nous avons aussi vérifié l’état du Sentier sur quelques sections.

L’hiver 2018-2019 a été un hiver froid et neigeux dans l’est du pays. En se renseignant auprès des gardes du parc sur le sentier Traverse de Charlevoix et le sentier des Caps, on a appris que les deux étaient fermés jusqu’à la mi-juin en raison de la neige. Nous étions un peu déçus, mais nous n’avions aucune intention de marcher dans deux mètres de neige et de caler jusqu’aux genoux à chaque pas. L’alternative était d’emprunter la route 138 de Saint-Siméon à La Malbaie, pour ensuite suivre la route du fleuve (la 362) jusqu’à Baie-Saint-Paul puis, de là, prendre la 138 jusqu’au début du Sentier après la section du parc des Caps.

Arrivés à Edmundston le 4 mai en soirée, nous avons débuté notre saison de marche par un temps chaud et ensoleillé. Nous avons commencé à ressentir une transe méditative dès le début de la randonnée. Nous nous sommes arrêtés dans plusieurs haltes de repos. Il est même possible que Julie ait fait une sieste ou deux!

Notre première semaine de marche s’est déroulée sur le sentier Petit Témis. Cet ancien chemin de fer a été réaménagé en sentier de randonnée, vélo, ski de fond et motoneige. Très populaire, il était en excellent état. Sa dénivellation, typique des anciens chemins de fer, grimpait graduellement jusqu’à Saint-Honoré-de-Témiscouata (près de 350 m) puis descendait lentement vers Rivière-du-Loup. Le long du chemin, nous avons trouvé de nombreux belvédères, haltes et même quelques endroits aménagés pour le camping rustique. Il y avait même un peu de luxe pour les voyageurs comme nous – des bécosses ici et là! À partir de Saint-Louis-du-Ha! Ha! (c’est bien le nom de cette communauté), elles étaient barricadées. Il restait quand même beaucoup de neige dans cette région, c’était un peu tôt en saison.

En route, nous avons rencontré quelques marcheurs et des cyclistes. L’un d’eux s’est arrêté pour bavarder. Jacques, qui vit à Saint-Jacques, est un randonneur passionné qui avait plein de questions sur la marche à distance. Il rêvait de marcher sur le chemin de Compostelle. Nous souhaitons qu’il entreprendra son rêve.

Le deuxième jour, pendant une pose le long de la rivière Madawaska, Monique s’est arrêtée. Elle a vendu tous ses biens et travaille comme gardienne de chats en échange d’hébergement, pendant qu’elle économise en vue d’une excursion au mont Everest. Massothérapeute, Monique avait elle aussi connu le «zen» de la marche; elle voulait passer plus de temps à marcher et nous admirait pour la décision que nous avions prise.

Le troisième jour, la température a plongé un peu et le ciel était couvert. On ressentait les douleurs habituelles des débuts de chaque grande marche. À chaque pose, nous nous étirions, ajustant nos sacs et resserrant la ceinture du chariot manuel pour changer le mal de place. Nous avions déjà vécu ça, et nous savions que tout rentrerait dans l’ordre en quelques jours. Heureusement, notre humeur était bonne et nous continuions à apprécier le paysage magnifique.

Pendant les deux prochains jours, les nuits ont été froides avec des températures de -4C et -5C. Nous portions tous nos vêtements pendant la nuit pour rester au chaud. Le matin, nous avions hâte de boire un café bien chaud avec le petit-déjeuner. Puis, une fois partis, on se réchauffait facilement!

Le 9 mai, la veille de notre arrivée à Rivière-du-Loup, le temps s’était réchauffé. On se sentait bien, et nos petites douleurs étaient moins persistantes. Notre rythme était un peu plus rapide. Nous avons rencontré Andrew, un Écossais passionné de cyclisme de longue distance. Il avait traversé les États-Unis et le Canada, et avait voyagé partout dans le monde avec sa bicyclette! Nous avons discuté de notre amour pour les voyages à distance, pour la vie au rythme plus lent et pour la bonne chère. Nous aurions pu jaser pendant des heures, mais la journée était jeune et nous avions tous une bonne distance à parcourir.

En arrivant tôt à notre site de camping rustique, nous nous sommes regardés… Les prévisions météorologiques pour les prochains jours annonçaient de la pluie et des températures plus froides. Décision instantanée: on s’est dirigés vers Rivière-du-Loup. Ce fut une grosse journée de marche – plus de 32 km. Nous étions fatigués, mais ce n’était rien qu’une bonne douche chaude et un lit ne pouvaient arranger.

Les jours de repos sont les meilleurs! Nous avons lavé nos vêtements, pris un déjeuner copieux et vérifié nos courriels. Andrew nous avait envoyé une note avec une offre de séjour à domicile du groupe «Douches chaudes». Il était resté à Victoriaville avec une jeune femme (apicultrice) qui était heureuse de nous proposer un séjour pendant qu’on traversait sa ville. Une belle rencontre à venir, ainsi que l’opportunité d’apprendre un peu sur son métier intéressant. Martine, la sœur de Simon, en serait jalouse!

Après une bonne première semaine, nous nous sommes reposés. Le lendemain matin, nous allions prendre le traversier pour Saint-Siméon et la rive nord. Simon avait hâte de monter toutes ces côtes! Julie allait sans aucun doute lui laisser le plaisir de tirer le charriot pour monter les longues pentes – quelle sainte!

Vous nous trouverez sur le Sentier, à mettre un pied devant l’autre…

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