À la rencontre de la guérison, de l’hospitalité et de la gentillesse sur Le Grand Sentier

En 2016, nous avons entendu l’un des témoignages les plus inspirants jusqu’ici à propos du Sentier: Trevor Hodgson, un cycliste passionné originaire de Kelowna, en Colombie-Britannique, nous a expliqué comment rouler sur Le Grand Sentier l’aidait à faire face à sa maladie bipolaire.

«Je ne peux pas dire que le Sentier m’a sauvé la vie, mais il m’a donné une raison de vivre, nous confiait Trevor l’an dernierMaintenant, faire du vélo sur le Sentier est l’occasion pour moi de rester en forme, de contrôler mon poids et de combattre la dépression.»

Après 9 ans et 30 000 kilomètres d’aventures en vélo de montagne, la mission que s’était donnée Trevor d’explorer tous les coins et recoins du Canada sur le Sentier le motivait plus que jamais, particulièrement au cours de l’année du raccordement officiel du Sentier.

Bien décidé, le cycliste a entamé la dernière portion de son aventure en mai 2017 au Point zéro, à Terre-Neuve, avec en tête le but de rouler vers l’Ouest en direction de Victoria, en Colombie-Britannique.

Trevor sur le Newfoundland T’Railway

Empruntant d’abord le Newfoundland T’Railway, «qui fut stimulant et gratifiant», il a ensuite parcouru l’ensemble du Confederation Trail, pour lequel il a eu un véritable coup de foudre à l’Île-du-Prince-Édouard. La première partie de ses aventures cette année l’a amené à traverser des sections du Sentier en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, au Québec et en Ontario.

«Au Nouveau-Brunswick, Woodstock m’a accueilli par un arc-en-ciel double et m’a comblé avec son lever et son coucher du soleil sur le fleuve Saint-Laurent, se remémore-t-il. Et plus loin, la beauté du Québec et son amour pour le vélo me sont allés droit au cœur.»

Malheureusement, un écueil important attendait Trevor lors d’une halte à Winnipeg. Alors qu’il faisait ses emplettes dans un supermarché, quelqu’un a profité de son absence pour voler sa bicyclette et son équipement, qui se trouvaient sous clé à l’extérieur du magasin.

«L’effondrement émotionnel qui m’a submergé lorsqu’on a volé mon vélo a bien failli me faire tout lâcher», admet-il. Mais quand il a su qu’on avait retrouvé sa remorque et son équipement abandonnés dans une ruelle, Trevor a retrouvé la détermination qu’il fallait pour continuer.

Muni d’un nouveau vélo, Trevor se prépare à reprendre son aventure

Porté par les encouragements de ses amis et des membres de sa famille, il s’est adressé aux médias et a mis sur pied une campagne de financement GoFundMe pour trouver les fonds nécessaires à l’achat d’une nouvelle bicyclette. En 48 heures, de bons samaritains de Winnipeg et d’ailleurs lui ont permis d’amasser 3 000 $.

«J’ai été complètement soufflé par la réponse positive que j’ai reçue des gens de Winnipeg et de partout au Canada; ce fut toute une surprise, dit Trevor. En à peine une semaine, mon nouveau vélo était fin prêt et j’ai pu poursuivre mon périple transcanadien.»

«Malgré la colère, la peur et le ressentiment résiduels que j’éprouvais en lien avec le vol de mon vélo, j’ai retrouvé foi en l’humanité grâce aux gens de Winnipeg, ajoute-t-il. Mon nouveau vélo était performant, même qu’il s’agit en fait d’un excellent vélo de montagne, tout à fait adapté au parcours du sentier Transcanadien

Muni d’un nouveau vélo et d’une nouvelle perspective, Trevor s’est une fois de plus lancé à l’aventure, cette fois à l’assaut de sections du Sentier en Saskatchewan, en Alberta puis, éventuellement, dans sa province de résidence, la Colombie-Britannique.

C’est ainsi qu’au cours de la seule année 2017, Trevor a roulé sur 10 031 kilomètres au total. Ce qui ne signifie pas que son épopée canadienne soit terminée, loin de là! Il planifie déjà retourner à Whitehorse, au Yukon, d’où il souhaite rouler jusqu’à Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest, pour compléter la section nordique du Grand Sentier.

Trevor arrive à la borne Mile Zero à Victoria, en Colombie-Britannique

«Notre pays a la réputation bien méritée d’avoir des paysages magnifiques et une population amicale, et je me considère vraiment chanceux de pouvoir visiter autant d’endroits spectaculaires. Les gens que j’ai rencontrés se sont montrés amicaux, gentils et serviables; le Canada est un pays fantastique, et le traverser sur deux roues m’a permis de me constituer une immense collection de souvenirs et d’histoires.»

Suivez l’évolution de Trevor sur le Sentier: Trev’s Travels.