De Baie-Saint-Paul à la ville de Québec

Par Julie Chatelain et Simon Lacroix

Nous avions terminé notre traversée du Massif de Charlevoix, en faisant 20 à 25 kilomètres par jour. Notre entrainement hors-saison s’était avérée inestimable en traversant ces magnifiques paysages montagneux avec facilité. On se posait la même question à chaque jour : comment se sentaient nos pieds, nos jambes et notre dos ? Dernièrement, notre réponse était toujours la même: « je me sens bien… ». Nous ne parlions rarement des maux secondaires, à moins qu’ils se développent en problèmes plus soutenu. Ces douleurs insignifiantes étaient simplement en arrière-plan et nous apprenions à les oubliés. Ils se normaliseront naturellement au fur et à mesure de la journée.

Une routine se formait lentement. Nous nous réveillions vers 7 h, prenions un café et un petit déjeuner assis près de notre fidèle poêle à bois Ohuhu et commencions notre marche entre 8 h 15 et 8 h 30. C’était plus tard que pendant nos excursions précédentes. On se sentait détendus et la fraicheur du matin (certains diraient ‘la gelé du matin’) nous le permettait.

Marcher le long des routes de Saint-Siméon à Saint-Joachim fut dur sur nos pieds. Étant donné les conditions de neige dans les montagnes, c’était le moindre des deux épreuves. Plusieurs communautés telles que Saint-Fidèle, La Malbaie, Baie-Saint-Paul, et Saint-Tite-des-Caps étaient encore sans touristes. Beaucoup d’entreprises avaient affichées leurs fermetures jusqu’en début juin. Quand même très jolies, ces petites villes sont populaires l’été avec leurs belles galeries artisanales et restaurants.

La côte en sortant de Baie-Saint-Paul était mémorable et resterait dans nos pensées ! Nous avons grimpé pendant cinq heures ce jour-là et campés près d’un récepteur d’Hydro Québec sur la crête du Massif. L’endroit était plat, et les arbres nous protégeaient contre le vent et le froid, ce n’était tout de même pas très pittoresque.

Le lendemain matin, nous avons suivi un orignal pendant plusieurs kilomètres. Il était amaigri et sa fourrure était parsemée de tache grise, indiquant des blessures causées par les tiques. Il était conscient de notre présence et courait vers l’avant, s’arrêtait, et périodiquement redoublait ses pas pour nous surveillés. Nous étions une anomalie dans son monde, il était tout aussi curieux de nous que nous étions de lui.

Plus tard, nous sommes arrivés à Saint-Tite-des-Caps, un village pittoresque niché à l’extrémité sud du ‘des Caps’. Alain à l’Auberge du Sportif avait ouvert son logement juste pour nous en nous offrant une belle chambre. Nous avons eu une conversation agréable avec lui. Il supervisait l’organisation locale des Sentiers des Caps et aidait à la réviviscence de son beau village.

Pendant ses derniers kilomètres sur l’autoroute 138. Simon pensait à sa retraite mais inconsciemment sa carrière était encore présente. En marchant, il se surprenait à concevoir des stratégies pour les organisations avec lesquelles il avait travaillé. A la base, cette détermination et attitude positive lui permettaient d’accomplir avec aise nos randonnées à longue distance. Éventuellement ces pensées disparurent et Simon se trouvait comme dans une transe méditative. Il oubliait les bruits de la circulation et le monde du travail, tombant dans une rêverie où il sauvait un animal d’une catastrophe, gagnait une course de motocyclettes, ou tout simplement ne pensait à rien du tout !

Julie se sentait forte. Elle abordait les collines sans déficience ou ‘bonking ‘. Elle pensait à sa famille et souhaitait qu’ils puissent se joindre à elle pendant une de nos randonnées. La randonnée pédestre était comme un baume thérapeutique pour elle. Elle avait trouvé une joie intérieure. Elle attendait avec impatience de partager le sentier avec ses amies plus tard cet été. Elle continuerait à en discuter avec sa famille, peut-être la saison prochaine un de ses frères se joindrait à nous.

Descendant la dernière grande côte vers Saint-Joachim, les arbres et les champs étaient beaucoup plus verts. Flanquant la rivière, l’Avenue Royale était un reflet des siècles passés. Traversant ses petits villages historiques nous profitions du paysage campagnard. Simon avait repéré quelques plaques sur de vieilles maisons qui nommaient les premiers pionniers de la région (au milieu du XVIIe siècle). Pierre, Mathurin et Jean Gagnon étaient parmi ces premiers colons. Simon fut ému regardant les vieilles maisons de ses ancêtres du côté de sa mère.

Nous avons marché le long d’une piste cyclable qui serpentait une zone industrielle. Le temps ralentissait au cours des quelques derniers kilomètres en approchant la ville de Québec. En arrivant dans ‘le vieux Québec’ nous étions fatigués et affamés. En arrêtant dans un restaurant, nous nous sommes rendu compte que notre linge n’avait pas été lavés depuis une semaine ! En proximité de gens propres nous étions un peu auto-conscient. Que pensaient ces gens ? Mais le personnel du restaurant était sympathique et nous avons entamer plusieurs conversations avec d’autres clients sur le Grand Sentier et le camping.

Après le déjeuner, nous avons parcourus les derniers huit kilomètres jusqu’à la maison d’Andrée et Jean, la sœur et beau-frère de Simon, à Sainte-Foy. Nous avions hâtes de cette visite. Étant en avance dans notre itinéraire nous profiterions de leurs hospitalités. Pendant ces deux jours nous visiterions la vieille ville, un beau parc, et nous rencontrerions Augustin, le neveu de Simon. Quelle chance que nous eussions de profiter de ces visites familiales.

Vous nous trouverez sur le Sentier, à mettre un pied devant l’autre…

Site internet
Facebook