De Gander à Corner Brook

Par Julie Chatelain et Simon Lacroix

Il y avait déjà onze jours depuis notre dernier blogue. Notre repos à Gander avait donné à nos jambes l’envie de repartir. Nous parcourions en moyenne 35 kilomètres par jour. Le sentier continuait d’être pénible. Le terrain montait beaucoup plus que prévu et il y avait plus de sections de gros gravier. Notre moral restait bon et nous continuions de rencontrer des personnages intéressants le long du chemin. Au Jumping Bean Café (à Gander), nous avions eu une discussion avec quelques femmes. L’une d’elle prétendait que de marcher n’était pas de l’exercice! Nous l’avons corrigé, tout doucement.

À Glenwood, nous nous sommes arrêtés chez Jonny’s pour se désaltérer et ensuite avions décidé de se louer une cabine. Une bonne douche après une journée chaude fut un grand luxe. Le temps s’était réchauffé énormément et notre rythme en après-midi ralentissait. Nous commencions plus tôt pour maximiser la distance pendant les heures fraîches. On se faisait manger par les moustiques le matin mais nous réussissions à marcher environ 20 kilomètres avant le premier dîner.

Premier dîner ? Eh bien oui, la nourriture marquait nos pauses. Nous commencions avec un café et une cuillerée (ou trois pour Simon) de beurre d’arachide avant de quitter le camp. Trois heures plus tard, nous mangions notre granola, généralement près d’un pont. Nous repartions et nous arrêtions deux fois de plus pour le premier et le deuxième dîner. Ceux-ci comprenaient des noix, des fruits secs, des saucissons, du fromage et des boissons électrolytiques. Nous installions notre camp et mangions notre dernier repas de la journée vers 18 h. Ensuite, c’était l’heure du coucher vers 19 h 30 ou 20 h. C’était tôt mais de marcher 7 à 9 heures par jour, il fallait dormir.
À Grand Falls, nous aperçûmes un homme que nous avions vu à Gander. Pendant une pause-café chez Timmie’s, nous discutâmes de nos voyages. Il faisait de l’auto-stop en traversant Terre-Neuve. Nous lui avions souhaité un bon retour à la maison. Il nous avait invité à son appartement en passant près de chez lui.

Entrant dans Badger, nous nous sommes sentis fatigués, c’était le temps de prendre un repos. Dave, à Trailblazers, nous offrit une chambre. Il nous a conduit cher lui. Un peut gêner, on a pensé dormir dans une des chambres dans sa maison. Mais il nous offrait toute la maison ! Encore une fois, nous étions étonnés de la générosité des Terre-Neuviens. Dave et sa femme, Deanne, possédaient un hôtel, une maison à louer, un magasin de pêche et offraient des excursions de pêche.

Après un merveilleux et court repos à Badger, nous nous rendîmes à Millertown Junction. Où nous rencontrâmes un autre Dave (et la plupart de sa famille). Ils nous avaient offert de camper derrière la maison du vieux Jonny. Cette grande maison était remarquable il y a 70 ans. Le beau-frère de Dave l’avait acheté et la rénovait. Nous avions visité cette belle maison/musée. Nous nous sommes endormis cette nuit-là en écoutant nos nouveaux amis chanter et rire jusqu’aux petites heures du matin. De bonne heure le lendemain nous avions eu la visite d’un renard. Il semblait indifférent de notre présence.

Plus tard durant la journée, nous avons traversés la zone du plateau de Topsails. Nous étions en formes, deux jours de suites nous parcourûmes des distances de marathon (43 et 42 kilomètres). Le plateau de Topsails avait été nommé pour les quatre buttes qui ressemblaient aux voiles d’un navire – Main, Mezzen, Gaff et Fore Topsails. Pris dans leur ensemble, elles étaient un Drumlin (géologiquement parlant). Le paysage s’ouvrit et des formations rocheuses bizarres sorti des marais. Nous vîmes plusieurs caribous et plus de VTT. Chaque groupe s’arrêtait pour nous demander ce que nous faisions. Un monsieur a dit « ça prend beaucoup de culot pour franchir le plateau à pied! » Nous rencontrerions son groupe encore à la fin de la journée au Gaff et il nous avait félicités de notre rapidité.

Une mention spéciale se doit pour Floyd et Betty de Gaff. Ils nous avaient vu prendre de l’eau au ruisseau et nous avaient invités chez eux pour une boisson fraîche. Nous avions parlé de notre projet et de la vie en général. Floyd, un enseignant à la retraite, écrivait un livre sur les créatures comme nous. Lui et sa femme avaient aidé plusieurs randonneurs et avaient commencé à collectionner leurs histoires. Floyd proposa de nous mettre en contact avec Radio Canada à Corner Brook. Nous en étions ravis!

Le paysage était changeant, les montagnes nous entouraient. Nous n’avions pas flâné à Deer Lake et avions décidés de poursuivre notre marche pour ensuite prendre notre pause à Corner Brook. De Deer Lake, nous traversions Pasadena et Steady Brook – deux communautés de villégiatures avec un beau centre de ski.

Le voyage devint excitant après Deer Lake parce que (à notre grande surprise) plusieurs personnes nous arrêtaient pour se présenter, nous accueillaient à Terre-Neuve et nous souhaitaient un superbe voyage. Ils avaient tous vu notre photo et lu l’article paru dans le quotidien local (The Western Star). Floyd avait écrit un petit article qu’il avait envoyé au journal local. On nous a arrêtées au moins 20 fois… Les rencontres spéciales incluaient ; Mike à Pasadena, qui nous donna des conserves de homard et palourdes maison (une bonne dégustation), Ovi qui klaxonna et s’était arrêté sur le côté de la route pour nous serrer les mains en nous souhaitant une bonne route et plusieurs autres gens qui se sont arrêtés pour jaser et nous souhaités bonne continuation.

Les derniers cinq kilomètres en entrant à Corner Brook furent parmi les plus dangereux du voyage. A cause de la vallée rocheuse et escarpée, nous devions utilisés l’autoroute Transcanadienne. Ce n’était pas une expérience agréable de marcher sur l’accotement étroit. Nous nous sentions très vulnérables – facile de voir comment les accidents peuvent se produire à cet endroit!
Nous prenions une pose à Corner Brook – le repos était bien nécessaire. D’ici nous retrouverions le T’Railway et ne blogguerions qu’à Port Aux Basques (8 ou 9 jours). Le sentier était isolé et dans un état douteux.

Vous nous trouverez sur le Sentier, à mettre un pied devant l’autre…

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