De Pictou à Borden-Carleton

Par Julie Chatelain et Simon Lacroix

Nous quittions Pictou rafraîchis et avions hâte de voir l‘ile du Prince Edward (l’Î. -P.-É.). La Nouvelle-Écosse fut une expérience très différente de Terre-Neuve. Nous nous attendions à ce que l’Î. -P.-É. offre sa propre saveur à notre grande marche.

Le traversier partait de Caribou, quinze kilomètres de Pictou. En sortant de la ville, nous suivions la route Three Brooks. Ce chemin nous donna l’occasion d’apprécier le littoral de la Nouvelle-Écosse. Nous rencontrions un bon nombre de gens à la marche, ou à vélo. Nous sommes arrivés au terminus de traversier juste à temps pour voir le navire de 09 h 30 quittant le quai. Pas de soucis, nous attendrions volontiers le prochain navire en regardant et jasant avec autant de gens que possible. Mais, étant à proximité des gens, nous sommes devenus conscients de nos vêtements (et leurs odeurs). Aucun lavage avait pu enlever l‘odeur (un mélange de sueur et citronnelle) acquis par nos vêtements !

On n‘y pouvait rien, cela faisait partie de l’expérience des marches à longue distance. Nous portions les mêmes vêtements à chaque jour afin de minimiser le poids dans nos sacs. Notre image « JuSi » tirait quelques regards curieux, mais cette image offrait aussi une façon de commencer des conversations avec des étrangers. Sur le traversier, nous avions passés un bon moment avec un couple de Charlottetown. Il nous avait donné leurs coordonnées au cas où nous avions besoin d’aide sur l’île. Il avait décrit le gens de l’Î. -P.-É. comme timide, mais amical.

Une fois sur l’Î. -P.-É., une courte marche, de Wood Islands, nous dirigea vers le Centre Touristique et le début du Sentier de la Confédération. Les dames au Centre Touristique connaissaient bien leur sentier. Elles nous donnèrent une carte détaillant les endroits où il y avait des tables de pique-nique (places de camping), toilettes (solaires et très propres) et les intersections où se trouvaient plusieurs maisons (ravitaillement pour l’eau). Après quelques pas sur le sentier, nous étions aux petits oiseaux. L’entretient de ce sentier était incroyable ! Serait-il comme ça partout? Eh Oui, il le serait!

Le Sentier de la Confédération utilisait un ancien chemin de fer, hors service depuis 1989. Contrairement à Terre-Neuve, il était dédié aux piétons et cyclistes, et il était très bien entretenu. Aucun signe de son passé ne semblait exister autre que les courbes douces et pentes modestes. Il y avait de nombreuses haltes de repos avec bancs et tables de pique-nique. Plusieurs affiches d’écrivaient l’histoire du chemin de fers. Il y avait de longues sections boisées (tunnel d’arbres), des panoramas de terres agricoles (patates) et des maisons à chaque intersection.

Tout n‘était quand même pas parfait sur ce beau sentier. L‘accès au cours d’eau était très difficile et nous avions dû dépendre des résidents pour notre eau. Nos amis savent que nous sommes très autonomes et que nous avons du mal à demander, et accepter, l’aide des autres. C’était notre défi ; demander de l’aide. La plupart des gens ont été formidables, mais ils avaient du mal à comprendre la quantité d’eau que nous devions consommés. En leurs donnant notre dromadaire d’eau (sac de cinq litres) ils le remplissaient à moitié. On les remerciait et on passait à la maison voisine pour recommencez le processus. Nous avions eu beaucoup de pratique à demander de l’aide.

De plus en plus nous pensions à notre bref retour à la maison. Avec cette idée en tête, nous nous sentions fatigués, physiquement et mentalement. Il a fallu se convaincre de revenir à l’essentiel de la marche et de rester concentré sur l’instant présent. Cette leçon revenait souvent. Le plus nous projetions dans l’avenir, le plus difficile devenait la piste. Par exemple; la journée en entrant à Charlottetown, nous avions débuté cette journée sachant que nous n‘avions que vingt-six kilomètres à marcher. Une journée plutôt facile. Mais les dernier dix kilomètres semblaient sans fin. La chaleur de la journée, et le fait que nous manquions d’eau, ont fait de ces derniers quelques kilomètres un fardeau.

Mais une fois en ville, nous rencontrions un charmant couple francophone. Il avait la jasette, il voulait des renseignements pour l‘exercice et l’équipement nécessaire en vue de leur propre marche en Europe l’année prochaine. Nous avions offert des suggestions; leurs ont donné notre carte et pointer vers notre site web comme point de départ pour leur recherche. Après cette rencontre le moral c’était relevé et on s’était senti bien.

Nous quittions Charlottetown et marchions deux autres jours de plus de trente kilomètres. Le terrain avait changé un peu, il était plus ondulé et beaucoup plus ouvert et cultiver. Nous trouvions un autre site de camping superbe près de Fredericton (l’Î. -P.-É.). Le dernier jour, nous avions viré vers le sud à Emerald Junction. Il nous restait à peu près dix-huit kilomètres pour se rendre à Borden-Carleton. Nous campions près de cette communauté et avions apprécié notre dernier repas en camping. Nous nous sommes endormis sans difficultés avec le ventre plein et avions rêvés à notre prochaine piste au Nouveaux Brunswick.

Nous quittions l’Î. -P.-É. par autobus (Maritime Bus). Ces autocars faisaient la navette entre les communautés, nous serions à Ottawa dans quelques jours pour célébrer le 94e anniversaire de naissance de Diane, la mère de Simon. Quelques jours plus tard, nous partions pour célébrer le mariage de bons amis dans l‘ouest. Nous avions aussi trouvé un peu de temps ici et là, pour se reposer.

Nous serions de retour sur la piste à la mi-septembre pour franchir le New Brunswick. Combien de distance ferions-nous cette saison? Tout dépendait des conditions de la piste et de la météo.

Vous nous trouverez sur le Sentier, à mettre un pied devant l’autre…

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