De Robinsons à Port aux Basques

De Julie Chatelain et Simon Lacroix

Le jour de congé à Robinsons a valu la peine. Nous avions marché le beau littoral et avions bavardé avec un artiste local qui ramassait des roches pour son artisanat. Nous nous sommes assis pour admirer les oiseaux plongeurs (fou de Basan) qui s’amusaient au-dessus d’un banc de hareng.

Nous sommes partis le lendemain avec plus de 105 kilomètres pour se rendre à Port aux Basques. Le sentier était décrit comme étant en bonne condition, mais pour les deux premières journées le sentier fut parmi les pires que nous avions parcourus à Terre Neuve. Comme d’habitude, nous avions planifiés des étapes arbitraires pour les prochains jours. Mais les dieux de la piste nous avaient vites rappelés que nous devions rester dans le moment présent. La planification ne conduirait qu’à la frustration. Même avec ces sentiers en mauvaises conditions, nous avions réussi une marche de 40 kilomètres cette première journée. En moyenne nous marchions entre quatre et cinq kilomètres par heure mais traversant ces sections difficiles nous avions ralenti à un 2,5 kilomètres par heure. Tout n’était pas perdu, ce soir-là nous avions trouvés un superbe coin pour camper le long du bras nord de la rivière Codroy où nous nous sommes rafraîchis avec une baignade dans les eaux fraîches de la rivière.

Le lendemain, à la chaleur nous avions parcourus 32 kilomètres. En voyant un dépanneur à la croisée d’une petite route nous avions calé deux Gatorades chaque en quelques secondes. Épuisé, nous avions passées une heure assis dans la poussière près du magasin. À notre retour sur la piste, près de Doyles, nous avions croisés l’auberge le ‘Sunny Brook Inn’. La décision prise, nous nous sommes installés chez Ruby et son mari. Avec quatre chambres disponibles, nous étions les seuls clients et bien que Ruby ne prît pas l’habitude de cuisiner pour ses invités, elle avait décidé de nous offrir le souper et le déjeuner. Ce soir-là, elle nous avait offert le plat favori du coin – un ragoût de bologne. Le lendemain matin, elle nous avait servi un bon déjeuner copieux de jambon, œufs, pommes de terre et fruits.

Quittant Doyles, nous savions qu’une tempête s’approchait. Considérant l’état de la piste on ne s’attendait pas à atteindre Port aux Basques ce jour-là. Cela aurait nécessité une autre journée de marathon. Mais à 14 hr, nous avions déjà parcourus 25 kilomètres en arrivant au Parc Provincial Cheeseman. Il nous restait que deux heures et demie de marche pour atteindre Port aux Basques. Nous sommes repartis, sachant que nous avions tout le temps au monde car le traversier pour Sydney partait à 23 hr 45.

Même si la piste n’était pas aussi facile que prévue, ces trois derniers jours à Terre-Neuve ont été une récapitulation de la marche parcourant cette belle province. Le paysage superbe était parsemé de sections frustrantes et de « tunnel de l’arbre ». Le dernier jour, nous avions suivi la côte sud-ouest en appréciant la bonne brise de l’air salin – c’était merveilleux. Nous avions rencontré plein de gens qui nous arrêtaient, perplexes de nous rencontrer à pied le long de la piste – T’Railway.

À Port aux Basques nous avions pris quelques photos à la gare démarquant le début de l’ancienne ligne de train pour ensuite passer deux heures chez Tim Horton. Le dernier deux kilomètres pour se rendre au terminus du traversier ce fut à la pluie battante. Nous avions achevé la première étape de notre voyage. En se laissant dégonflés, assis dans le terminus du traversier nous attendions le traversier pour Sydney.

Il était difficile de terminer une longue section comme celle-ci sans réflexion. Nous avions vu plusieurs animaux sauvages, des sections de sentiers très difficiles, chacun récupérer d’un rhume, vécu quatre saisons en 48 heures avec une tempête de neige le 24 juin, témoin de paysage exceptionnel comme le Plateau des Topsails et surtout rencontré des gens chaleureux tout au long du sentier de St John’s à Port aux Basques.

Le concept de la topogénie était spéciale pour nous. Les Terre-Neuviens étaient profondément liés à leur île, son histoire, la géographie et la météo. Sans effort, ils décrivaient leurs passés et leurs histoires en reliant événements et géographie.

Nous avions été accueillis en sortant du traversier à North Sydney par June et Sara (merci à Chuck et Carly pour avoir proposé et organisé). Ce fut très généreux de leur pars de nous avoir conduit à Sydney de bonne heure par un dimanche matin. Nous nous retrouvions à Sydney pour deux jours de repos. Nous avions tous deux de besoin de nouvelles chaussures et de faire quelques épiceries avant d’entreprendre le tronçon de la Nouvelle-Écosse.

Nous devions revisités notre plan parce que le Grand Sentier au Cap-Breton débutait par un ‘parcours d’eau’, ces sections sont censés être fait en canot. Sans vouloir sauter cette partie de la piste, nous avions décidés de trouver une alternative. Nous avions planifié de traverser le Cape Breton à l’aide de routes secondaires au sud du lac Bras d’Or entre-autre se servant de sentiers tels que le ‘St Peter Coastal Trail’ afin de rejoindre le Grand Sentier à Aulds Cove. En se faisant, le parcours apparaissait un peu moins laborieux, mais les dieux du sentier avaient leurs propres pensées là-dessus…

Jusqu’au prochain blogue ; n’oubliez pas : « Allez Marcher ». C’est bon pour le corps et l’âme !

Vous nous trouverez sur le Sentier, à mettre un pied devant l’autre…

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