Des femmes inspirantes sur Le Grand Sentier

Nous ne parlons peut-être pas d’elles assez souvent, mais de nombreuses femmes inspirantes ont joué des rôles clés dans l’histoire du Canada… et dans celle du Grand Sentier! Depuis les 25 dernières années, et même bien avant, nous avons entendu d’innombrables histoires à propos de femmes extraordinaires qui ont traversé le Sentier d’un océan aux deux autres ou qui en ont carrément construit des sections à partir de zéro.

Profitons de la Journée internationale des femmes pour rendre hommage à certaines des femmes qui ont fait du Grand Sentier ce qu’il est aujourd’hui.

 

Photo: Nathan Denette

 

1. Susan Aglukark

Championne du STC, porte-étendard des causes autochtones et musicienne récipiendaire d’un prix Juno, la chanteuse inuk Susan Aglukark est une force d’une grande inspiration – tant sur le Sentier qu’ailleurs.

Née au Manitoba et ayant grandi dans les Territoires du Nord-Ouest, Susan a travaillé pour le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien et l’Inuit Tapirisat avant de diverger vers la musique en lançant son premier album, Arctic Rose, en 1992. Elle a également œuvré comme porte-parole des jeunes autochtones et inuit, et fait la promotion de causes diverses telles que l’insécurité alimentaire des communautés du Nord du Canada.

Elle admet sa fierté de voir les peuples autochtones de partout au pays la considérer comme un modèle, mais elle se perçoit d’abord et avant tout comme une musicienne qui porte un message universel: celui du respect de soi et de la force intérieure, un discours auquel elle espère que tous, peu importe leur milieu, peuvent s’identifier.

 

 

2. Sarah Jackson

Sarah Jackson est native d’Edmonton. En juin 2015, elle a stationné sa voiture à Victoria, C.-B., et s’est mise à marcher sur Le Grand Sentier. Deux ans plus tard, elle arrivait à Cape Spear, Terre-Neuve, après avoir marché 11 500 kilomètres pour traverser le Canada; et c’est ainsi qu’elle est devenue la toute première personne à compléter une randonnée transcanadienne sur le Sentier. «J’ignorais que j’allais traverser tout le pays, a confié Sarah à CBC News en 2017. Je m’étais dit que j’allais continuer à marcher tant que ça serait agréable, et comme j’ai adoré l’expérience, eh bien j’ai simplement continué!».

Encore aujourd’hui, la persévérance de Sarah et son exploit-record sont sources d’inspiration pour nous comme pour de nombreux randonneurs du Grand Sentier qui aspirent à parcourir le Sentier dans sa totalité. On peut revivre son expérience en visitant son blogue.

 

Photo: 500 Days in the Wild

 

3. Dianne Whelan

Sarah ne fut pas la seule pionnière déterminée du Sentier; la cinéaste Dianne Whelan est sur le Sentier depuis 2015 et a dû surmonter sa part de défis en chemin. En novembre 2017, alors qu’elle traversait en canoë une section près de Kenora avec une amie, le lac qui les séparait de la section suivante du Sentier se figea complètement dans la glace. «La veille, la lune était superbe et je me souviens qu’en allant chercher de l’eau, on pouvait voir de très fines plaques de glace flotter sur l’eau, semblables à des morceaux de pellicule de plastique qu’on utilise pour emballer les aliments, racontait Whelan à la CBC à l’époque. Et le lendemain matin – même pas 10 heures plus tard! –, le lac était recouvert d’une épaisse couche de glace.».

Whelan et son amie n’ont eu d’autre choix que de tenter de se frayer à travers la végétation très dense, et ont dû appeler des secours grâce à leur téléphone avec technologie GPS quatre jours plus tard. Mais Dianne n’entend pas mettre fin à son aventure impromptue dans la nature sauvage du Nord de l’Ontario: «Je suis demeurée fidèle à chacun des kilomètres de ce sentier depuis mon départ de Terre-Neuve il y a deux ans et demi, et j’ai bien l’intention de continuer en les parcourant un à un.»

 

 

Photo: Alyssa Martin Photography

 

4. Mel Vogel

Mel Vogel, exploratrice allemande de naissance mais Torontoise d’adoption, est une autre femme remarquable. Décidée à traverser tout le Sentier et motivée par son désir de voir davantage du Canada, elle a démarré son aventure en juin 2017 à St. John’s, Terre-Neuve, et prévoit l’avoir complétée d’ici deux ans. Depuis son départ, elle a traversé la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard; en ce moment même, elle se trouve en pleine exploration du Québec.

Mel espère gagner la Colombie-Britannique et avoir parcouru une distance de 15 000 kilomètres sur Le Grand Sentier dans une période de deux ans. Lorsque PEI Canada lui a demandé si, en tant que femme, voyager seule lui inspirait des craintes, voici ce qu’elle a répondu: «Tout le monde a des rêves ou une idée précise de ce qu’il attend de la vie. Moi, je veux être sur la route. C’est l’endroit qui m’inspire le plus de bonheur, celui où je me sens le plus comblée.».

«Je croise tant de gens intéressants sur ma route – dont plusieurs deviennent des amis –, que je ne me sens jamais vraiment seule même si je voyage en solitaire, a-t-elle ajouté. Il m’arrive de ressentir de la peur par moments, mais ce n’est qu’éphémère. Tant que la peur ne contrôle pas notre esprit, redoubler de prudence est toujours un bon réflexe.».

 

 

5. Laura Secord

Figure légendaire du Grand Sentier, Laura Secord est une véritable héroïne canadienne. Lors de la guerre de 1812, elle a franchi 32 kilomètres à pied pour sortir du territoire occupé par les Américains afin de prévenir l’armée britannique de l’attaque américaine qui se préparait. L’information qu’elle a transmise a permis aux Anglais, ainsi qu’à leurs alliés les Mohawks, de parer l’invasion américaine et d’ainsi éviter que le Canada soit colonisé à partir du Sud.

Fait intéressant, son exploit n’a été reconnu que lorsqu’elle a atteint le grand âge; ce n’est en effet qu’au au moment où le prince de Galles Edward a offert 100 £ à la veuve appauvrie pour la remercier de son geste que son histoire a frappé l’imaginaire collectif canadien.

De nos jours, la mémoire de Laura Secord survit grâce au groupe de bénévoles Friends of Laura Secord, qui travaille sans relâche à l’entretien du Laura Secord Legacy Trail de Niagara-on-the-Lake, en Ontario. Carolyn McCormick, l’une des bénévoles du groupe, est également l’arrière-arrière-petite-fille de Laura!

 

 

5. Harriet Tubman

Autre femme phénoménale dans l’histoire du Sentier, Harriet Tubman était une ancienne esclave américaine qui a fui vers le Canada. Après avoir gagné sa propre liberté, elle est devenue une figure importante du Chemin de fer clandestin, un réseau nord-américain d’activistes anti-esclavagistes qui a aidé de nombreux esclaves à traverser la frontière entre les  États-Unis et le Canada afin qu’ils puissent fuir la cruauté de leurs maîtres. Tubman, connue pour ne «jamais perdre un passager», était adorée parce qu’elle s’assurait notamment que tous les fugitifs qui voyageaient avec elle arrivent sains et saufs à St. Catharines, en Ontario – le dernier arrêt du Chemin de fer clandestin.

Connaissez-vous d’autres femmes qui ont accompli des exploits sur Le Grand Sentier? Parlez-nous d’elles sur Facebook, Twitter et Instagram!