5 conseils de sécurité pour les cyclistes du Grand Sentier

Texte par Shanny Hill

Au cours de mes 12 années de guide d’expéditions cyclistes pour TDA Global Cycling, j’ai eu le bonheur de visiter plus de 40 pays sur mes 2 roues et je pense avoir à peu près tout vu en ce qui concerne la sécurité à vélo. Si notre vulnérabilité, comme cyclistes, nous oblige à considérer les risques avec sérieux, il ne faut pas non plus se laisser décourager par ceux-ci. Que vous rouliez dans la brousse australienne, sur le pavé du sentier riverain au centre-ville de Toronto, ou encore sur le gravier du sentier de la Newfoundland Railway à Terre-Neuve, voici les règles générales à suivre.

1. Règle no. 1: suivez les règles
Ça semble évident… et ça l’est! Pourtant, il nous arrive à tous de transgresser des lois. Certains d’entre vous n’ont peut-être jamais fait de vélo au Canada auparavant – ne tenez pas pour acquis que les règles sont ici les mêmes que dans votre pays d’origine. Les voies cyclables longent ou traversent souvent des routes, et passent dans des villes et des villages; demeurez attentifs à la signalisation et aux limites de vitesse.

2. Portez un casque
Dans certaines provinces, tous les cyclistes doivent porter un casque de vélo règlementaire, alors que dans d’autres, le casque n’est obligatoire que pour les cyclistes de moins de 18 ans. Dans un cas comme dans l’autre, le port du casque est toujours une bonne chose. Et bien que des débats aient mis en doute l’efficacité de telles règlementations, il demeure irréfutable qu’un casque offre une protection contre des blessures graves lorsqu’un cycliste se frappe la tête en tombant de son vélo.

J’ai vu tout un éventail de lois différentes sur le port du casque dans les pays où j’ai pédalé… et j’ai également vu des casques sauver des vies lors d’accidents.

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3. Demeurez attentifs à ce qui vous entoure
Contrairement aux automobilistes, les cyclistes n’ont pas à composer avec des angles morts. Un cycliste alerte pourra donc mieux anticiper les surprises (l’ouverture d’une portière de voiture, le virage à gauche d’un automobiliste lui faisant face, etc.) et ainsi éviter des collisions.

Pédaler à fond en écoutant Thunderstruck d’AC/DC ou évoluer nonchalamment en se laissant bercer par Bob Marley est tentant, mais il vaut mieux éviter la musique. Les écouteurs intra-auriculaires sont devenus si performants qu’ils bloquent une grande partie des bruits environnants. Or, vous devriez être en mesure d’entendre venir les autres cyclistes et les véhicules sur la route avant de les voir.

Comme guide de circuit, j’ai vu se produire bon nombre d’accidents. La majorité d’entre eux se sont heureusement révélés mineurs, mais le risque d’une collision sérieuse demeure toujours présent. Par ailleurs, il est surprenant de constater que la plupart des accidents n’impliquant pas d’autre véhicule ont résulté d’un manque d’attention des cyclistes et qu’ils auraient donc pu être évités.

4. Évaluez bien vos compagnons de route
Si vous roulez à plusieurs, vos capacités et celles de vos compagnons devraient être prises en compte au moment de déterminer la façon dont vous circulerez ensemble sur les voies routières et cyclables. Les cyclistes chevronnés seront tentés de former un peloton pour pédaler en rangs serrés et augmenter l’efficacité du groupe, mais il faut savoir que ce type de formation augmente le risque d’accidents et de blessures. Il importe aussi de bien évaluer le niveau de chacun; vous ne devriez pédaler au sein d’un groupe que si vous avez une grande confiance en vos capacités, ainsi qu’en celles du cycliste le moins expérimenté du groupe.

Chaque fois que vous vous trouverez en tête de vos partenaires cyclistes, assurez-vous de verbaliser haut et fort et d’utiliser une abondance de signes de la main pour les prévenir des obstacles ou dangers potentiels: nids-de-poule, jeunes enfants survenant sur la route, animaux écrasés, débris de pneus de camion, etc.

5. Soyez conscients des autres utilisateurs du Sentier
Lorsque vous n’aurez pas affaire à des routes publiques – et à leurs véhicules –, vous circulerez probablement sur des sentiers à usages multiples que vous partagerez avec des marcheurs, joggeurs, familles, maîtres promenant leur chien, oiseaux, ours, et que sais-je encore!

Puisque Le Grand Sentier est composé d’une série de sentiers interconnectés, on peut s’attendre à y croiser des promeneurs qui ne le parcourent que sur de très courtes distances. Ce va-et-vient de personnes et d’animaux qui peuvent à tout moment entrer et sortir du Sentier nous rappelle qu’il faut garder l’œil ouvert pour s’assurer de ne rien manquer des merveilleuses surprises qui nous attendent en chemin, entre les villes et villages que relie Le Grand Sentier.

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En terminant, voici mon dernier conseil: une fois sur Le Grand Sentier, laissez-vous complètement submerger par l’expérience au grand air. Bien sûr qu’il vous faudra observer les conseils et règles de sécurité, mais évitez de vous laisser distraire par différentes préoccupations. Car circuler sur le Sentier en pleine nature – et pourtant bien connecté aux communautés qui nous entourent –, c’est un privilège dont il faut profiter à fond, même s’il est accessible à tous.

Rien de tel qu’une bonne excursion à vélo pour se rafraîchir les idées!



Globe-trotter et cycliste passionné, Shanny Hill est chef du Marketing à TDA Global Cycling. Ses destinations de cyclotourisme préférées comprennent la côte est du Canada (ah!), la Turquie, l’Éthiopie, la Roumanie, la Géorgie, l’Équateur et le Kyrgyzstan. Shanny nous dresse la liste de ses conseils de sécurité les plus précieux pour rouler sur les voies routières du Grand Sentier… et partout ailleurs où vos deux roues vous mèneront!

#tourdafrique Riders pass thru police check point

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