L’histoire des Noirs sur des sections du Grand Sentier accessibles en transport en commun

La version originale de cet article est parue en anglais dans un encart spécial de STC dans The Globe and Mail.

Jacqueline L. Scott, de Black Outdoors, est étudiante au doctorat de l’Université de Toronto. Passionnée de nature sauvage, elle guide différents groupes de randonneurs et de cyclistes à travers la région de Toronto. Nous l’avons rencontrée pour discuter de ses destinations préférées pour des excursions d’un jour sur Le Grand Sentier dans Toronto et ses environs, ainsi que des sites liés à l’histoire des Noirs qu’on croise en route.

L’accessibilité en transport en commun à partir des régions urbaines est un élément-clé pour Jacqueline, tout comme pour la plupart des citadins canadiens qui ne conduisent pas. Plus de 80 % des Canadiens vivent près du Grand Sentier – un endroit qui leur permet de se sentir connectés au reste du pays. Toutefois, 13 % des Canadiens ne conduisent pas et doivent utiliser les transports publics pour accéder aux espaces verts. Heureusement, il est facile de se rendre à des endroits pittoresques du Grand Sentier, soit en repérant une section du Sentier qui passe dans sa propre ville, ou encore en empruntant les transports en commun pour aller faire une excursion d’une journée à pied ou à vélo.

 

Oakville: une exposition sur l’histoire des Noirs au musée d’Oakville

À partir de Toronto, on peut se rendre à Oakville en 30 minutes avec GO Train, qui permet aux cyclistes de transporter leur vélo. Là-bas, Le Grand Sentier longe le bord de l’eau et passe devant le musée d’Oakville, qui tient une exposition sur l’histoire des Noirs dans la ville jusqu’à la fin de 2020. La ville elle-même fut un important arrêt du Chemin de fer clandestin. Jacqueline y a mené un groupe de cyclistes; ils ont pédalé ensemble d’Oakville à Toronto sur le sentier Waterfront, qu’elle décrit comme un «trajet aisé sur une route sans dénivelé ni colline».

 

St. Catharines: Harriet Tubman

Selon Jacqueline, Harriet Tubman est le «visage du Chemin de fer clandestin» et sa présence se fait sentir dans toute la ville de St. Catharines, sur la rive ouest du lac Ontario. Elle est également l’une des figures d’inspiration de Jacqueline qui ont motivé cette dernière à faire des recherches sur l’histoire des Noirs dans les régions sauvages canadiennes; sans ses aptitudes pour la survie en nature, Tubman n’aurait pas pu faire ses aller-retour transfrontaliers – dont certains ont eu lieu dans de difficiles conditions hivernales.
«Il y a une magnifique statue d’elle à l’école Harriet Tubman et des plaques commémoratives nationales partout dans la ville», fait remarquer Scott. Tubman allait régulièrement à la chapelle Salem pour assister à la messe, et les visiteurs peuvent toujours y entrer aujourd’hui. Après la visite de ces endroits, Jacqueline recommande de faire une promenade à vélo ou à pied sur le canal Welland.

 

Niagara-on-the-Lake: un arrêt-clé du Chemin de fer clandestin

Bien que les gens connaissent surtout Niagara-on-the-Lake pour son rôle dans la région viticole de l’Ontario, l’endroit a vu se jouer une importante part de l’histoire des Noirs. Puisque la ville était un arrêt majeur du Chemin de fer clandestin, elle comptait à l’époque une grande population de Noirs.
Jacqueline suggère de rouler à vélo sur Le Grand Sentier le long de la rivière Niagara pour se rendre à Niagara-on-the-Lake. En chemin et dans la ville elle-même, vous pourrez suivre les plaques interprétatives qui relatent dans le détail la vie de personnages historiques canadiens noirs tels que Richard Pierpoint et Chloe Cooley. Pour ceux qui ne se déplacent pas en voiture, les autobus de GO Transit desservent le collège Niagara College.

 

Guelph: l’ancienne église épiscopale méthodiste britannique de Guelph

Guelph est une ville charmante qui se trouve à l’est de Toronto et à laquelle on peut accéder par GO Transit. Le Grand Sentier longe sa superbe promenade Riverside, et l’ancienne église épiscopale méthodiste britannique, construite en vieilles pierres, peut accueillir au-delà de 500 personnes; c’est dire à quel point la population noire était importante dans cette ville pour l’époque. L’église est aujourd’hui transformée en Heritage Hall, et son entretien est assuré par la Guelph Black Heritage Society.

 

Demain, le reste du Canada

Dans le cadre de sa thèse de doctorat, Jacqueline prépare pour 2020 une randonnée pancanadienne sur Le Grand Sentier. Elle entend visiter des sites qui ont été marquants dans l’histoire des Noirs le long du Sentier dans chaque province et territoire du pays, y compris au Nunavut, où Matthew Henson et quatre hommes innus ont fait partie de l’équipe de Robert Peary, qui a revendiqué la toute première découverte du pôle Nord.

Elle prévoit aussi visiter Montréal, dont le quartier de la Petite-Bourgogne est le cœur de la communauté noire locale. Le parc Oscar Peterson est un hommage à l’icône jazz légendaire de la ville, et on peut s’y rendre en suivant Le Grand Sentier à partir du Vieux-Montréal. Restez à l’affût cette année et l’année prochaine pour en lire davantage à propos de ses aventures et découvrir d’autres endroits où les Noirs canadiens ont façonné l’image du Canada le long du Sentier.

 

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